Le maire s’est adressé aux parents à propos de la réouverture des écoles. A la lecture de cette lettre, on ne sait s’il veut rassurer, ou décourager à la reprise de la classe. Ce qui est clair c’est qu’il fait preuve de beaucoup de zèle , mais pas envers ceux qu’on croit : pas les Villejuifois, mais les ministres et ceux qui leur ont fait injonction à précipiter ce déconfinement.

Le ton ne laisse aucune place au doute : je tiens tout. Il n’a pas changé depuis le début de la campagne électorale, même seul dans sa gestion. Alors que la plupart de ses collègues maires hésitent, demandent du temps, lui fonce. Il n’a pas entendu la presque totalité des enseignants, qui craignent une reprise hâtive, ni les parents coincés pour beaucoup entre les impératifs du travail et leurs inquiétudes plus ni les agents. Ceux ci par manque de moyens humains et matériels, ont déjà du mal à assurer l’entretien en temps normal.

Il a encaissé sans broncher ce « protocole » sanitaire pourtant inapplicable. On a l’impression qu’il montre ses muscles à l’aube d’une nouvelle campagne électorale, au mépris du respect de la santé des habitants. Pourquoi sinon renvoie-t-il la responsabilité du choix des enfants à accueillir aux enseignants ? Pour ne pas avoir à refuser une place à un électeur potentiel ? Bien sûr, il ne dit pas que seulement cinq enfants seront accueillis dans chaque groupe en mater et 8 en élémentaire. Que les profs, déjà malmenés, se débrouillent avec les familles refusées.

Dans cette lettre cosignée avec l’Éducation nationale il est écrit que dans ses conditions on s’attachera à l’acquisition des fondamentaux. Dit autrement qu’on va reprendre au plus vite les apprentissages. C’est de l’enfumage et du mensonge. Ce n’est pas ça l’école pour apprendre, avec la plupart des enfants à la maison, avec les anxiétés et les contraintes. Avec des profs qui ne vont pas avoir forcément leurs élèves habituels et qui devront aussi assurer « le travail à la maison »

Dans cette lettre on ne parle pas non plus de ce qui devrait être au cœur du dispositif : la concertation, l’écoute et le dialogue qui responsabilisent et rassurent. On n’y parle pas de la tenue des conseils d’école ces lieux d’exercice de la démocratie. Il faut les obtenir dans chaque école avec les parents élus, les conseillers municipaux et que la parole y soit la plus libre. Que le cas échéant les choses soient revues, corrigées avec l’avis de tous. La situation exceptionnelle appelle à ce que les agents travaillant dans les écoles y soient invités.

On ne parle pas non plus de la future rentrée scolaire de septembre , du refus dans la ville qui a contraint le maire a donner un avis défavorable aux décisions de fermetures de classes, décision toujours maintenue.

Et des moyens supplémentaires qui seraient nécessaires dans chaque école, pour assurer une rentrée de qualité après cette longue période qui a pénalisé beaucoup d’enfants : en postes de profs, de remplaçants, de médecins et d’infirmier-e-s scolaires, (les écoles en sont aujourd’hui complètement dépourvues) en psychologues scolaires et en RASED, en aides à la vie scolaire, en aides administratifs et également d’animateurs, d’agents de service, d’agents spécialisés en maternelle pour la responsabilité municipale. Nous faisons la proposition que lors des conseils d’école on engage ce travail, à traduire ensuite en terme d’actions.