Paris, le mardi 17 octobre 1961. 19h 25. Soudain un coup de sifflet strident retentit.
Aussitôt des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants originaires d’Algérie se rassemblent pour protester contre le couvre feu qui leur est imposé. La manifestation est organisée par le FLN. Elle est brutalement réprimée par la police. C’est un massacre.
Les victimes se comptent par dizaines et dizaines, autant de corps inanimés qui sont jetés dans la Seine. On retrouvera les jours suivants des corps jusqu’à Bezons.

Ce ne sont pas des algériens anonymes que la police du Préfet Papon a assassinés. Elle a tué Belaïd Archab, Achar Boussouf, Fatima Bédar et deux centaines d’autres, autant de listes à écrire pour rendre son identité à chacune des victimes, nos sœurs et nos frères d’Algérie.

Afin que l’oubli ne soit plus possible.
C’est cet oubli terrible que nous combattons ensemble aujourd’hui, pour le respect de notre droit de mémoire. Cette mémoire contestée par les dirigeants français depuis soixante ans, ceux là qui aujourd’hui donnent encore des leçons au peuple algérien. Comme si les victimes de la guerre n’en étaient pas issues après les humiliations et l’asservissement de la colonisation.

Que cette mémoire nous serve à agir contre le racisme, héritage du colonialisme et terreau de l’extrême droite, et sa logorrhée libérée qui véhicule la haine et qui veut réécrire l’histoire. Cette
puanteur qui vient polluer la campagne de l’élection présidentielle, visant à détourner le débat de ce qui fait la préoccupation des habitants, l’avenir de la planète, l’emploi, le pouvoir d’achat, la jeunesse. C’est cela qu’il faut remettre au cœur du débat.

Pour que nous puissions écrire avec Jacques Prévert :  « Le bonheur m’a dit en partant qu’il reviendrait »


Jean Pierre COULAUDON